En Idaho, peines de prison pour l'utilisation des toilettes non conformes au sexe à la naissance
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Christopher Wiggins sur Advocate en date du 06 avril 2026 à 13h54
Le gouverneur de l'Idaho, Brad Little, a signé une loi érigeant en infraction pénale l'utilisation des toilettes par les personnes transgenres. Lev Radin/Pacific Press/LightRocket via Getty ImagesLe gouverneur de l'Idaho, Brad Little, un républicain, a signé mardi un projet de loi criminalisant l'utilisation par les personnes transgenres des toilettes correspondant à leur identité de genre, instaurant ainsi l'une des restrictions les plus radicales du pays en matière d'accès aux lieux publics et marquant une nouvelle étape dans les efforts déployés par l'État pour réglementer la place des personnes transgenres dans la vie publique.
Selon un registre quotidien publié par le bureau du gouverneur, M. Little a signé le projet de loi 752 vers 16 h 50. Nikson Mathews, militant de l'Idaho, a déclaré que le gouverneur avait agi alors que des militants se rassemblaient devant le Capitole pour un rassemblement à l'occasion de la Journée de la visibilité transgenre.
(...) La loi érige en infraction le fait de pénétrer « sciemment et volontairement » dans des toilettes ou des vestiaires qui ne correspondent pas au sexe attribué à la naissance, dans un bâtiment public ou un lieu ouvert au public. Une première infraction est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement. Une deuxième condamnation dans les cinq ans peut être qualifiée de crime, passible d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.
Les personnes transgenres affirment que la loi ne leur laisse pas le choix. Dans une tribune publiée dans The Advocate, Mathews a décrit ce que cela signifie concrètement : un choix quotidien entre deux risques. « Est-ce que j’ai envie d’aller en prison, ou est-ce que j’ai envie de me faire agresser ? », a-t-il écrit.
Les associations de défense des droits ont condamné cette mesure, la qualifiant de punitive et dangereuse.
« Envoyer quelqu’un en prison simplement pour avoir utilisé les toilettes n’est rien d’autre qu’une cruauté pure et sans filtre », a déclaré Delphine Luneau, porte-parole de la Human Rights Campaign. « Les responsables de l’Idaho, hostiles à l’égalité, ont fait preuve de ce genre d’animosité en adoptant une loi qui mettrait les personnes transgenres derrière les barreaux pour avoir utilisé les toilettes et qui exposerait les gens au harcèlement et à la discrimination dans les espaces les plus intimes. Il s’agit d’une attaque flagrante et inadmissible contre leurs propres électeurs, qui risque de ruiner la vie de personnes innocentes sans rien faire pour répondre aux préoccupations réelles des familles de l’Idaho. »
Lire la suite (en anglais) sur Advocate.
Voir aussi L'Idaho adopte l'interdiction la plus stricte du pays concernant l'utilisation des toilettes, ouvrant la voie à une peine d'emprisonnement à perpétuité sur Erin In The Morning et Le gouverneur de l'Idaho signe la loi anti-trans sur l'accès aux toilettes « la plus extrême » du pays, malgré l'opposition de la police sur LGBTQ Nation.
Et ce n'est pas tout. Un autre loi (H.B. 822) en Idaho Le Parti républicain adopte un projet de loi visant à dénoncer publiquement les adultes qui « aident et encouragent » les enfants transgenres.
Lundi (30 mars), l'Assemblée législative de l'Idaho a adopté un projet de loi obligeant les structures d'accueil pour enfants, les professionnels de santé et les établissements d'enseignement à révéler l'identité transgenre des enfants à leurs parents si ceux-ci manifestent le moindre désir d'adopter un comportement jugé en contradiction avec le sexe qui leur a été attribué à la naissance.
(...) Selon le projet de loi, ne pas respecter cette obligation revient à « aider et encourager » la transition d'un enfant avant que le consentement parental n'ait été obtenu. Les parents seront également autorisés à poursuivre en justice les entités qui enfreignent le projet de loi, et le procureur général sera habilité à demander des sanctions civiles pouvant aller jusqu'à 100 000 dollars.
(...) Jane Migliara Brigham, journaliste pour le magazine d'actualité transgenre The Needle, a vivement critiqué ce projet de loi, estimant qu'il transformait les médecins, les enseignants et autres professionnels en « une sorte de police secrète du genre ».
Lire l'article de Molly Sprayregen sur LGBTQ Nation.
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