L'administration Trump menace les Zambiens séropositifs si le pays ne cède pas à ses demandes

Daniel Villarreal sur LGBTQ Nation en date du 23 mars 2026 à 17h00


Le secrétaire d'État Marco Rubio témoigne devant une commission sénatoriale à Washington, DC, le 20 mai 2025. | © Jack Gruber/USA TODAY / USA TODAY NETWORK via Imagn Images

Le Département d’État américain pourrait suspendre dès le mois de mai la fourniture de médicaments anti-VIH vitaux à la Zambie afin de faire pression sur le gouvernement de ce pays d’Afrique australe pour qu’il autorise les États-Unis à accéder à ses minerais stratégiques, selon une note interne du Département d’État citée par le New York Times.

« Nous ne pourrons garantir nos priorités qu'en démontrant notre volonté de retirer publiquement notre soutien à la Zambie à grande échelle », indique la note, rédigée par le bureau africain du département. On estime à 1,3 million le nombre de Zambiens qui dépendent des médicaments anti-VIH américains fournis par le Plan présidentiel d'urgence d'aide à la lutte contre le sida (PEPFAR), un programme de prévention du VIH dont l'administration Trump a illégalement supprimé le financement.

Le Département d’État de l’administration Trump a fait pression sur certains pays pour qu’ils renégocient leurs accords d’aide étrangère, souvent en leur imposant d’augmenter leurs propres dépenses de santé. Mais alors que 24 pays ont accepté jusqu’à présent, d’autres (comme le Zimbabwe) ont refusé, qualifiant ces renégociations d’« atteinte intolérable à la souveraineté », rapporte le Times.

Le nouvel accord prévoit l'octroi d'un milliard de dollars à la Zambie pour la santé au cours des cinq prochaines années, à condition que ce pays consacre 340 millions de dollars à ses propres dépenses de santé. En outre, l'accord exigerait que la Zambie accorde aux entreprises américaines l'accès à ses mines de minerais, un accès que la Zambie a déjà accordé à la Chine et qui est considéré comme un élément clé du développement des technologies d'énergie renouvelable.

(...) À l'heure actuelle, des entreprises et des investisseurs américains, canadiens et européens se plaignent que des responsables du gouvernement zambien accordent des licences minières à des entreprises chinoises en échange de pots-de-vin, ce qui permet à ces dernières de faire passer des minerais en contrebande sans payer d'impôts. Des militants zambiens auraient cherché à rendre public le projet d'accord sanitaire, afin de mettre en lumière les pressions exercées par les États-Unis et la corruption locale.

Selon le Times, les militants s'inquiéteraient de la clause de l'accord proposé qui oblige la Zambie à fournir aux États-Unis les données de santé de ses citoyens pendant 10 ans et les échantillons biologiques prélevés dans le cadre de la surveillance des maladies pendant 25 ans, alors qu'aucune garantie n'a été donnée quant aux retombées pour la Zambie des avancées sanitaires qui pourraient découler de ces informations.

« Si cet accord n’est pas signé, si le financement n’est pas assuré pour les cinq prochaines années, le gouvernement n’aura pas les moyens de faire face à cet impact immédiat », a déclaré Julius Kachidza, un défenseur des personnes vivant avec le VIH âgé de 56 ans. « [Une nouvelle réduction du financement] pourrait être une véritable catastrophe, en particulier pour moi et pour la majorité des personnes vivant avec le VIH en Zambie. »

Lire le texte intégral (en anglais) sur LGBTQ Nation.


    Répondre Corriger
Répondre     ou Corriger votre message

Remarque
Si la date ou l'heure de la publication est plus ancienne que celle indiquée dans l'index,
vous pouvez actualiser la page en cliquant ICI.

© Algi [Accueil]