Les descentes de police en Malaisie suscitent une nouvelle vague d'inquiétude

Ankush Kuma sut Washington Blade en date du 29 décembre 2025 à 11h21

Depuis la descente de police du 28 novembre dans des établissements réservés aux hommes à Kuala Lumpur, les militants queer de Malaisie affirment avoir intensifié leurs efforts pour coordonner l'aide juridique aux personnes détenues en vertu des lois étatiques de la charia.

Justice for Sisters, Pelangi et d'autres groupes ont fourni des références juridiques, assuré le suivi des procès et apporté une aide d'urgence à la suite des arrestations, alors que les défenseurs des droits humains avertissent que les mesures répressives visant les communautés LGBTQ se sont intensifiées.

En Malaisie, pays à majorité musulmane mais multiethnique et multiconfessionnel, les relations sexuelles consenties entre personnes du même sexe sont criminalisées tant par le droit civil que par le droit islamique. Le code pénal fédéral interdit les « rapports charnels contre nature », une disposition qui s'applique à l'échelle nationale, tandis que les lois de la charia régissant les musulmans au niveau des États interdisent les relations homosexuelles et la non-conformité de genre, y compris le travestissement. Ensemble, ce double système juridique permet aux autorités de poursuivre les personnes LGBTQ en vertu de lois civiles et religieuses parallèles.

(...) Selon les témoignages recueillis par Justice for Sisters et plusieurs autres ONG, les détenus ont signalé de multiples violations de procédure au cours du processus judiciaire. Dans un document publié par le groupe, les détenus ont déclaré qu'ils n'avaient pas été informés des charges retenues contre eux, qu'ils s'étaient vu refuser l'accès à un avocat et à toute communication téléphonique pendant des heures et que, dans le cas des ressortissants étrangers, ils n'avaient pas eu accès aux ambassades ni à des traducteurs. Le document décrit également des interrogatoires comprenant des questions intrusives sur les pratiques et l'orientation sexuelles, ainsi que des conditions de détention dans lesquelles les détenus ont été contraints à plusieurs reprises de s'asseoir, de se lever et de s'allonger sans explication, et ont été transportés dans des véhicules surchargés, avec 30 à 40 personnes entassées dans des camions conçus pour un nombre de passagers bien inférieur.

Les détenus ont également déclaré avoir été soumis à des traitements dégradants pendant leur détention.

Selon certains témoignages, les détenus se sont vu refuser l'accès aux toilettes pendant de longues périodes et ont reçu l'ordre d'uriner dans des bouteilles, qui leur ont ensuite été jetées à la figure. Certains détenus ont déclaré que les agents leur avaient suggéré d'utiliser des élastiques pour limiter leur miction. Les détenus ont également déclaré que les autorités les avaient maintenus éveillés toute la nuit et leur avaient ordonné à plusieurs reprises de s'asseoir bien droits ou de surveiller les autres pour les empêcher de dormir.

(...) Selon Reuters, les autorités malaisiennes chargées de l'application de la loi ont déclaré qu'elles allaient revoir leurs procédures à la suite de la descente effectuée en novembre. Le rapport cite le chef de la police de Kuala Lumpur, Fadil Marsus, qui a déclaré que 171 ressortissants malaisiens avaient été libérés après que les autorités n'aient trouvé aucune preuve permettant de les poursuivre.

Lire le texte intégral (en anglais) sur Washington Blade.


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