Fragiles libertés, de Jean-Marc Berthon : une enquête mondiale sur les droits LGBTQIA+ sous pression

Chanelle Grand sur Stop Homophobie en date du 29 décembre 2025 à 14h53

Les avancées des droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, queers, intersexes et asexuelles (LGBTQIA+) n’ont jamais été aussi visibles à l’échelle mondiale. Mariage pour toustes, reconnaissance juridique des personnes trans, protections contre les discriminations : en quelques décennies, des progrès majeurs ont été accomplis, notamment en Europe, en Amérique du Nord et dans une partie de l’Amérique latine. Pourtant, ces conquêtes restent profondément fragiles. C’est le constat central dressé par Jean-Marc Berthon, ambassadeur de la France pour les droits des personnes LGBT+, dans Fragiles libertésRévolutions et contre-révolutions : LGBT+ dans le monde, publié en 2025.

(...) Dans de nombreux pays, la question LGBTQIA+ est devenue un instrument politique à part entière. Des gouvernements autoritaires ou illibéraux s’en servent pour détourner l’attention des crises économiques, de la corruption ou des atteintes à l’État de droit. Les personnes LGBTQIA+ sont alors désignées comme une menace pour la société, la famille ou les enfants.

La Russie illustre cette stratégie à grande échelle. Depuis une décennie, le pouvoir y a érigé les « valeurs traditionnelles » en pilier idéologique, criminalisant toute visibilité LGBTQIA+ et exportant ce discours bien au-delà de ses frontières. En Europe centrale, des pays comme la Hongrie ont adopté des lois restreignant l’expression, l’éducation ou la reconnaissance des familles LGBTQIA+, au nom de la protection de l’enfance.

Aux États-Unis, la polarisation est particulièrement marquée. Si certains États renforcent les protections, d’autres multiplient les textes visant les personnes trans, notamment en matière d’accès aux soins, à l’école ou au sport. Ces politiques sont portées par des réseaux puissants, mêlant responsables politiques, organisations religieuses et groupes de pression bien financés, dont l’influence dépasse largement le cadre national.

 L’ouvrage souligne également l’écart persistant entre le droit et la réalité vécue. En Amérique latine, plusieurs pays disposent de législations parmi les plus progressistes au monde, mais la région reste l’une des plus violentes pour les personnes LGBTQIA+, en particulier les femmes trans. L’impunité y demeure largement la règle.

En Afrique, la persécution touche en priorité les plus précaires. Criminalisation, chantage, extorsions et arrestations arbitraires composent une véritable économie de la peur, qui frappe celles et ceux qui n’ont ni ressources, ni réseaux, ni possibilité de se protéger ou de fuir.

(...) Au-delà de la situation des personnes LGBTQIA+, Fragiles libertés pose une question plus large : celle de la solidité des démocraties contemporaines. Les attaques visant les minorités sexuelles et de genre servent fréquemment de laboratoire à des politiques de restriction plus générales des libertés publiques.

Les reculs ne commencent presque jamais par les majorités. Ils ciblent d’abord celles et ceux que l’on pense isolés, vulnérables ou politiquement sacrifiables.

Lire le texte intégral sur Stop Homophobie.


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