À l’occasion de la Journée internationale de la visibilité trans, Aide aux Trans du Québec (ATQ) rappelle que la visibilité des personnes trans et non-binaires, bien qu’essentielle, ne peut, à elle seule, améliorer leurs conditions de vie sans un engagement concret, structuré et durable de la part des gouvernements et des institutions.
COMMUNIQUÉ Pour publication immédiate
Journée internationale de la visibilité trans 2026 : au-delà de la visibilité, des actions concrètes sont nécessaires
Montréal, le 31 mars 2026 — À l’occasion de la Journée internationale de la visibilité trans, Aide aux Trans du Québec (ATQ) rappelle que la visibilité des personnes trans et non-binaires, bien qu’essentielle, ne peut, à elle seule, améliorer leurs conditions de vie sans un engagement concret, structuré et durable de la part des gouvernements et des institutions.
Un contexte de politisation préoccupant
Dans un contexte marqué par une politisation accrue des enjeux liés aux personnes trans, ATQ appelle à la responsabilité des acteurs politiques et médiatiques. À l’aube d’une campagne électorale au Québec, l’organisme enjoint l’ensemble des partis à éviter toute instrumentalisation des réalités vécues par les personnes trans et non-binaires à des fins partisanes, ainsi que toute prise de position contribuant à accentuer la polarisation des débats.
« Les enjeux qui concernent les personnes trans ne devraient jamais servir de levier politique. Derrière les débats publics, il y a des réalités humaines, des parcours de vie diversifiés et des besoins bien concrets », souligne Victoria F. Legault, directrice générale d’Aide aux Trans du Québec.
Des décisions gouvernementales qui suscitent des inquiétudes
Au cours des dernières années, les discours entourant les réalités trans se sont intensifiés dans un contexte de polarisation croissante, contribuant à un climat social plus difficile et ayant des impacts concrets sur la santé mentale, le sentiment de sécurité et l’accès aux services.
Rappelons qu’au cours de la dernière année, à la suite du dépôt du rapport du Comité de sages sur l’identité de genre dont la mise sur pied par le gouvernement du Québec en 2023 avait été largement dénoncée par les organismes communautaires et les personnes directement concernées, plusieurs décisions gouvernementales ont été prises, suscitant à leur tour de vives inquiétudes quant au respect des droits des personnes trans et non-binaires :
• En juin 2025, le ministère de la Sécurité publique a annoncé une nouvelle orientation concernant le placement des personnes incarcérées transgenres, privilégiant désormais leur assignation en fonction du sexe anatomique. Cette mesure soulève d’importantes préoccupations quant à la sécurité, à la dignité et à l’intégrité physique et psychologique des personnes concernées.
• En septembre 2025, des modifications à la politique linguistique de l’État ont été annoncées, restreignant l’usage de formes d’écriture inclusive dans les communications gouvernementales. Cette orientation participe à l’invisibilisation des femmes, ainsi que des réalités des personnes non-binaires et de la pluralité des genres dans l’espace public.
Par ailleurs, bien qu’il soit désormais possible pour les personnes non-binaires d’obtenir une mention de genre adaptée à l’état civil au Québec, à la suite d’un jugement rendu par la Cour supérieure du Québec en 2021 ayant contraint le gouvernement à agir, de nombreux obstacles systémiques persistent. Les personnes non-binaires continuent de se heurter à des incohérences administratives et à des systèmes institutionnels qui ne reconnaissent pas pleinement leur réalité, notamment dans le milieu de la santé, ce qui compromet encore aujourd’hui leur droit à la dignité et à l’égalité.
Des besoins concrets qui nécessitent des actions immédiates
Enfin, l’accès aux soins d’affirmation de genre demeure un enjeu majeur. La clinique GRS Montréal, seul établissement au Québec disposant d’une entente avec l’État pour offrir ces chirurgies sous couverture publique, a récemment annoncé faire face à des délais d’attente pouvant atteindre jusqu’à trois ans pour certaines interventions. Or, ces soins sont essentiels au bien-être des personnes trans et non- binaires, et leur accessibilité constitue une condition fondamentale à leur qualité de vie.
Dans ce contexte, les besoins sur le terrain continuent de croître, comme le souligne April Daneau, présidente d’Aide aux Trans du Québec :
« Sur le terrain, nous observons des besoins grandissants, notamment en matière de santé mentale, d’accès aux soins et de sécurité. Les personnes trans n’ont pas seulement besoin d’être visibles, elles ont besoin d’être soutenues. »
En cette Journée internationale de la visibilité trans, ATQ appelle à transformer la reconnaissance symbolique en engagements concrets et exhorte les gouvernements à agir dès maintenant afin de répondre aux besoins réels des personnes trans et non-binaires, notamment en garantissant un accès adéquat aux soins, aux services et à des ressources suffisantes pour les organismes communautaires.
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Source : https://drive.google.com/file/d/1QVplg9pGzVA1D82EDz9GqPllQdRtFX76/view