Le drame musical financé par le Fonds des médias du Canada fait le pari rare de placer une adolescente trans au cœur d’une série jeunesse. Ses créateurs reviennent sur leur volonté de raconter cette histoire dans le climat actuel et sur les défis de rejoindre le jeune public. En 2024, FEM a accompli quelque chose que très peu de séries jeunesse avaient osé faire auparavant : placer l’émancipation d’une adolescente trans au centre de son récit.
(...) Si le sujet était audacieux en 2024, le producteur de la série, Patrick Bilodeau, constate qu’il l’est encore davantage maintenant, avec la montée de l’intolérance face à la transidentité et à la communauté LGBTQ+ : « En deux ans, ça a changé à l’international, observe-t-il. Les gens sont frileux, ils savent que ça fait réagir, que ça fait jaser. Ils n’ont pas vraiment envie d’aller là. » Le contexte ne décourage pas le producteur d’UGO Média, bien que, de son propre aveu, il serait tentant de privilégier des propositions plus conventionnelles. Peu importe : la boîte de production a gardé le cap en allant de l’avant avec une seconde saison de FEM, qu’on peut dès maintenant visionner gratuitement sur TV5+
Dans la suite de cette série créée et coscénarisée par Maxime Beauchamp, Zav (Lennikim) est maintenant une jeune femme trans : elle est sortie du placard et cherche à faire sa place dans l’industrie de la musique. L’autrice-compositrice-interprète a quitté le petit village franco-ontarien de Lanark pour la scène montréalaise ; et les « vrais » amis pour les fortes personnalités du spectacle et de la vie nocturne. La première saison avait particulièrement touché les téléspectateurs, comme en témoignent les nombreux messages enthousiastes et souvent touchants reçus par les membres de l’équipe de FEM.
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Être diffusé par le géant Netflix
Après la sortie de la première saison de FEM, Netflix a approché UGO Média pour l’acquérir. Pour la boîte de production québécoise, il était essentiel que la série obtienne une fenêtre de diffusion à l’international, alors que seuls les Canadiens y ont accès sur TV5+. « C’est sûr que ça donne une bonne tape dans le dos, ça donne de la crédibilité au projet, dit Patrick Bilodeau. Et tu te dis “Câline, ça veut dire quelque chose !” »
Netflix a aussi l’avantage de favoriser la découvrabilité d’une série auprès des jeunes adultes, qui semblent bouder les plateformes et les contenus locaux au profit des géants américains. En 2024, 64 % des Québécois de 15 à 29 ans avaient surtout visionné des contenus de l’extérieur du Québec, selon l’Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ).
« Non seulement ils ne sont pas sur les plateformes québécoises, mais ils ne les connaissent même pas ! » déplore le producteur. Comment alors intéresser les jeunes adultes aux séries d’ici ? Pour la réalisatrice Marianne Farley, ça passe entre autres par l’offre. « Il faut prendre des risques. Je pense qu’il ne faut pas être paternaliste, ne pas essayer de leur enseigner comment être un adulte. Les séries jeunesse doivent aussi aller vers ce qui intéresse les jeunes et non ce que les adultes pensent qui intéresse les jeunes. Je pense que c’est ce qui fait la force de FEM, aussi. On reste proche des personnages, qui vivent de vrais drames. »
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La saison 2 sera prochainement aussi sur Netflix où vous pouvez visionner la saison 1.
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