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Peur et deuil...

Envoyé par Lexilé en date du 22 juillet 1999 à 19h15
Si je dis sida, je pense peur et deuil..

Peur de mourir, peur de souffrir, d'être la prochaine victime. Cette crainte était disparue au cours de ma vie de couple, car j'étais fidèle et j'avais confiance en lui(ce qui n'est pas une garantie, mais enfin), mais aujourd'hui, seul, elle est revenu, et même si la prudence demeure une constante, la peur s'installe.

Oui, Solune, je me sens en sécurité avec un condom, mais il y a des limites et reste le risque des transmissions sans pénétration, beaucoup plus minime, mais réel au dire de médecins.

Oui, le sida demeure une obsession lorsqu'une nouvelle relation se présente, s'amorce. Comment aborder le sujet, comment vivre la relation sans s'empoisonner l'existence avec cette fatalité ?

Je me souviens qu'en 1982, lorsque la maladie faisait son apparition et que l'on disait qu'elle frappait uniquement les gais, j'étais certains que c'était de la pure invention pour nous faire peur. J'avais à demie raison. On voulait nous faire peur, mais elle existait vraiment et ne frappait pas uniquement les gais, mais d'autres types d'individus, males et femelles, pour les diverses raisons que nous savons (contact avec le sang). Reste qu'en Afrique, ce mal n'est pas lié aux seuls amours homosexuels.. et j'espère qu'il ne reviendra pas par la bande hanter les générations futures. La situation au Tiers-Monde est alarmante et désolante...


Quand je dis SIDA, je pense aussi DEUIL... Deuil par ce que j'ai perdu un de mes plus chers amis, John, en 1988 (voir Jardin des souvenirs)... qu'il me manque encore pour sa détermination, sa force d'âme et son plaisir de vivre. Je pense aussi à d'autres amis, plus ou moins intimes disparus dans la force de l'âge, trop tôt, trop horriblement, avec un regard de vieillard alors qu'ils avaient à peine trente ans...

Je pense aussi à tous les fondateurs du GDM, que j'ai connu, croisé ou dont on m'a parlé et qui ont été fauchés par la maladie : une bonne dizaine apparemment... sans compter les participants qui disparaissaient tout simplemnent pour cacher leur mal, et leur honte...même. Car on n'a beaucoup culpabilisé les gais dans ce drame du sida... le châtiment attendu, espéré par nos ennemis mortels qui hier encore sont venus protestés devant nos institutions contre la reconnaissance de droits légitimes aux couples gais et lesbiennes.

LE SIDA, même si la mortalité est à la baisse, demeure un danger effroyable, car il diminue notre capacité de vivre avec toute l'énergie normalemment dévolue à notre classe d'âge. Qu'on se le dise, le Sida, c'est pas et ce ne sera jamais un cadeau... pas plus qu'aucune autre maladie vénérienne...

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