Table des matières

Les chasseurs de militaires

Envoyé par Lady Barracks en date du 13 novembre 1999 à 15h47
Je suis à terminer le dernier livre de la tétralogie de Steven Zeeland, The Military Trade. http://www.stevenzeeland.com/zeeland/toc.htm. Il est à écrire une suite à ce livre.

Contrairement à ses 3 précédents livres où il interviewait divers militaires (avec qui il avait couché ou le désirait fortement), cette fois-ci avec The Military Trade, nous voyons l'autre côté, les alter-egos de Zeeland, les prédateurs de militaires (military chasers).

Sans nommer personne, mais en donnant tellement de références que c'est tout comme, nous assistons à la vie obsessionnelle de ces personnes qui ont voué 100% de leur intérêt à rechercher Lance Corporal Right (ou plus communément LE militaire), sans le trouver et tout en multipliant les expériences décevantes.

Que ce soit avec l'argent, l'appât des filles, le sexe facile, ou une belle maison avec piscine, il est très facile de pogner un militaire, tellement facile que c'en est déconcertant.

Souvent mal payé, loin de leurs parents, jeunes et en quête d'identité, les militaires ont besoin d'une figure paternelle généreuse et bien établie ainsi que d'un oasis de paix loin de la caserne.

Une étrange constante parmi ces chasseurs de militaires est leur obsession maladive de rencontrer un militaire hétéro et jamais gay. Un militaire gay ne les attire tout simplement pas, tout comme un gay civil non plus. Ils ne sont plus capables de baiser autre qu'un militaire hétérosexuel en quête d'un blow rapide.

Leur vie est complètement modifiée à cause de leur fétiche. Ils déménagent près de bases militaires. Vont se créer ou travaillent dans une job qui les rapproche des militaires: l'industrie pornographique (on pense au caporal Cloutier), l'industrie du cinéma, les agences d'escorte, la musique heavy metal.

Qu'en retire-t-il? Souvent seulement un éphémère contact sexuel non-réciproque. Très peu revoit le sujet de leur désir, ont un échange plus développé avec ou les fréquente assidument. Et pourtant ces personnes peuvent accumuler jusqu'à 4000 têtes dans leur trophée de chasse, pendant toute une vie.

Souvent au péril de la leur. Certains meurtres inexpliqués de military chasers laissent soupçonner de nombreux Marines (ils apprennent en training à tuer avec leurs mains). Plusieurs dans le livre, ont évité de justesse de se faire voler, agresser ou même assassiner. Et pourtant, ils recommencent continuellement la patrouille pour une proie facile et hyper-masculine.

Voici quelques personnages (réels évidemment) du livre:

Un afro-américain dans la quarantaine qui chassent depuis les années 60 et dont l'unique intérêt est de donner un blow job à un Marines. Il regrette la période pré-Sida où la cueillete était plus facile.

Ce chanteur heavy metal britannique officiellement gay (probablement Judas Priest) qui est souvent escorté par de nombreux militaires et beaux blonds et qui en tournée, vérifie constamment s'il y a une base militaire pas loin.

Cette personne dans l'industrie cinématographique d'Hollywood, qui dans les années 60 et 70 s'est improvisé pimp de Marines, fournissant les plus grands acteurs et gérants d'Hollywood avec les militaires qu'il recrutait et gardait chez lui. On dit que pour 200$, un Marines fourre n'importe qui. En autant qu'il y ait une fille pas loin.

On remarque encore une fois, comment tous ces soi-disants hétéros oublient facilement leur dédain de comportements homosexuels quand un prétexte est là pour les aider, que ce soit l'argent, la promesse d'une fille à fourrer, ou un logis paisible et rempli de gadgets électroniques. Souvent ces hommes sont mariés et n'ont pas qu'un seul amant. De plus, ils savent très bien qu'ils sont en demande parmi les civils et certains exploitent ce filon. Autrement dit, ils ne le font pas à reculons.

Une autre constation est que les années 50 à 70 étaient des âges d'or pour rencontrer, avoir du sexe et ne pas se poser de questions, alors que maintenant c'est beaucoup plus difficile. À la fois, pour rencontrer un militaire ou un gay civil. Le SIDA ou l'individualisme rampant y sont peut-être des causes.

Mais rien ne caractérise plus ces military chasers que leur antipathie aux gays (et pourtant ils sont eux-même gays) et à la "culture gaie". Les remarques homophobes abondent et surprennent venant de la part de personnes s'engageant exclusivement dans des comportements homosexuels. Rejet par leurs pairs ou incapacité de compétitionner dans le milieu gay actuel explique-t-il cet isolement? Le livre ne fournit pas de réponses.

Une chose est sure, la situation décrite dans le livre n'est absolument pas applicable ici au Canada, la culture militaire canadienne définissant plutot les militaires d'ici à des gardiens de la paix contrairement aux États-Unis où ils sont vus comme les héros hyper-musclés, les chevaliers des temps modernes.

Index
© A l g i