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Shopping & F**king 26 juillet au 4 août

Envoyé par Atchoum! Production / via ALGI en date du 24 juin 2006 à 14h20

(source "http://www.shoppingtheatre.com/images/index_08.jpg")

Atchoum!Production présente la pièce à succès de Mark Ravenhill


« La production à succès de la Baracke, mise en scène par T.Ostermeier », Anja Dürrschmidt, in Theater der Zeit Juillet/Août 2003

« Avec Shopping & F**king, pièce de l’Anglais Mark Ravenhill, le futur directeur de la Schaubühne de Berlin casse encore la baraque à Avignon », J.P. Léonardini, Nouvel Observateur

« a real coup de theatre…Shopping and F**king is a blackly humorous play for today’s twenty-somethings», Evening Standard

«An important first play; barbarous, compassionate, shocking and callously witty», Sunday Times

«It may be the most important play of the decade», The Stage
« a contemporary classic», Sunday Telegraph

« Shopping and F**king is an important, deeply felt, urgently topical play… a theatrical phenomenon of the decadent Nineties », Daily Telegraph

du 26 juillet au 4 août 2006
Au théâtre National,
1220 rue Ste Catherine Est,
Métro Beaudry
Interdit au moins de 16 ans
Auteur Mark Ravenhill
Traduction Alexandre Lefebvre
Mise en scène Christian Lapointe
Avec Marie-Ève Des Roches, Alexandre L’Heureux, Patrick Martin, Marcel Pomerlo, Benoît Saint-Hilaire

Billets en vente :
Théâtre National (514) 845-2014
Admission (514) 790-1245
http://www.shoppingtheatre.com

Montréal, le 17 mai 2006 - La pièce scandale de Mark Ravenhill créée en 1996 à Londres arrive enfin à Montréal: c’est, sans doute, le coup de tempête de l’été. Shopping and F**king un titre qui interpelle…Une pièce de théâtre interdite au moins de seize ans, on ne voit pas ça tous les jours! C’est ce qui arrive à la sulfureuse pièce Shopping and F**king, présentée en français et mise en scène par Christian Lapointe qui aborde ce texte contemporain au réalisme très cru et au désespoir profond. On y voit quatre jeunes dépourvus de repères détruits par une société où le matérialisme, la drogue, la violence et le sexe sans sentiment triomphent.

Le sexe et la violence mis à nu au Théâtre. Théâtre en colère, théâtre coup de poing. Le dramaturge britannique héritier d’Osborne, de Wesker, de Bond et plus récemment de Berkoff, de Barker, de Sarah Kane, Mark Ravenhill a l’art et la manière de parler d’aujourd’hui et de poser des questions brûlantes. Son écriture socialement engagée est totalement débridée. Ses questions sont ouvertement politiques, il évoque...et demande : quelles valeurs aujourd’hui dans un monde où tout est à vendre ? Comment lutter et contre quoi ? Comment aimer? Vivre? Mourir? Le tout avec férocité, ironie, humour... et compassion. Mark Ravenhill a trouvé le ton juste pour parler des années 90, de la génération X. Sans tabous, avec un humour corrosif et une narration éclatée, sa pièce Shopping and F**king a su conquérir les théâtres du monde entier et, à l’image de Thomas Ostermeier ou de Claude Régy, les metteurs en scène les plus reconnus. Avec Shopping and F**king, rage au coeur et illusions perdues, Mark Ravenhill fustige les marchands, dépeint une jeunesse paumée en mal de repères dont il fait entendre le cri en mêlant l’humour et le sexe, et prend le parti de surprendre avec une pièce inclassable.

Une histoire de sexe, de bisexualité, d’homosexualité, d’inceste, de viol, de drogue, de dépendance…et d’amour. Shopping and F**king raconte l’histoire de quatre jeunes gens livrés à un monde sans pitié ni repères, écrasés par le pouvoir de l’argent. Mark, Robbie, Lulu et Brian sont les protagonistes de cette fable où le sexe et la drogue sont les seules monnaies d’échange. Emmurés dans l’enfance à perpétuité : comment trouver ses repères dans le monde enchanté et merveilleux de la société de consommation ? Mark, en pleine descente…petite boule dans le ventre… trentenaire accro à la coke, incapable d’exprimer ses sentiments, se réfugie derrière ce rapport marchand; il pense bien avoir trouvé la solution en quittant ses deux amours, Robbie et Lulu, pour enfin atteindre un peu de quiétude et de confort dans la jungle capitaliste, ses codes simples et ses rapports tarifés. Lulu, petite femme qui se bat contre elle, contre la fatalité et l’engrenage de la vie, pour elle et pour les autres et Robbie séduisant, sexy, tentent de former un ménage à trois, mais subissent en victime leur vie qu’ils sont incapables de bâtir, n’obéissant qu’à leurs instincts de destruction. Se jeter dans d’invraisemblables « emmerdes » pour essayer ensuite d’en sortir, semble leur lot quotidien. Petits boulots, larcins divers et drogues sont au programme. La rencontre avec Brian, jeune ado déboussolé qui gagne sa vie en se prostituant, maltraité sexuellement, à l’image d’un petit prince en manque d’amour, égaré dans un univers tragique et impitoyable qu’il tente de stigmatiser par la souffrance, est à la fois pitoyable et dangereux, ne leur apporte un gourou n’adorant que l’argent et désireux de les intégrer à son univers simpliste et capitaliste. Son arrivée soudaine met Robbie, Mark et Lulu en présence de plus perturbés qu’eux ! Entre ce jeune tout en pulsions et en sentiments, et une société finalement sans règles et certainement sans valeurs bien que bouffie d’hypocrisie, le pari de trouver ce monde extraordinaire peut paraître perdu d’avance.

Un monde éclaté, soumis à la seule loi du fric, l’univers de Ravenhill n’est pas du genre policé. Quand le malaise social et le mal de vivre rencontrent l’homosexualité, cela donne un mélange détonant de nature à troubler le spectateur. La description de cette jungle contemporaine rend dramatique et humaine cette ambiance délétère. Le spectateur est confronté à la réalité d’un langage cru, prosaïque, au fond assez misérable pour dire une misère sans remède. Des moments très durs et très crus sont noyés dans des scènes drôles comme celle où Robbie et Lulu font, par nécessité, l’amour au téléphone.

Si certaines scènes de Shopping and F**king peuvent choquer par la brutalité du propos, la revendication de l’auteur et du metteur en scène ici, n’est pas tant la provocation gratuite mais une façon abrupte d’interpeller le spectateur aliéné dans un système, que l’auteur veut justement critiquer et dénoncer. On se laisse prendre, on les suit, on rebondit, on pleure, on rit, on se révolte, on est choqué…

Cet univers de jeunes perdus à l’extrême bord du gouffre nous arrive en français, dans une adaptation hunoristique de Christian Lapointe, joué par Benoit Saint-Hilaire, Marie-Ève Des Roches, Patrick Martin, Alexandre L’Heureux et dans le rôle de Gary, Marcel Pomerlo.

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