Harcèlement des défenseurs des droits humains

Amnistie Internationale condamne le harcèlement de défenseurs des droits humains


Index AI : MDE 18/012/00

Condamnant l’inculpation, devant un tribunal militaire, de Kamal al Batal, directeur de Mirsad, une ONG libanaise de défense des droits humains, Amnistie Internationale a déclaré que cet acte semblait être une « tentative d’intimidation et de harcèlement destinée à empêcher Kamal al Batal de travailler ».

Le 13 avril 2000, l’association Mirsad avait lancé un appel à la mobilisation sur internet, après une descente de la brigade des mœurs libanaise chez un prestataire de services internet dénommé Destination, et l’audition de son directeur, Zia Mugraby, à propos d’un site web gai libanais. Aucun chef d’inculpation n’avait été prononcé contre lui à l’époque.

Dans cet appel, Mirsad déplorait les tentatives « illégales et flagrantes » de la police visant à mettre un frein à la liberté d’expression sur internet de la communauté homosexuelle. Dans le même texte, l’organisation de défense des droits humains redoutait que cette opération de police ne soit le coup d’envoi d’une campagne de censure plus étendue.

En juillet 2000, Kamal al Batal a été convoqué par la police pour être entendu au sujet de cet appel. Deux semaines plus tard, le 5 août, le procureur militaire l’a inculpé, ainsi que Ziad Mugraby, en vertu de l’article 157 du Code pénal militaire qui prévoit une peine de trois mois à trois ans d’emprisonnement pour quiconque aura diffamé l’armée et le drapeau libanais. Selon les termes de l’acte d’inculpation, Kamal al Batal aurait sali la réputation de la brigade des mœurs en diffusant un tract imprimé.

« La réaction des autorités est inacceptable, a déclaré Amnistie Internationale. Si les tribunaux militaires doivent être utilisés pour faire taire les critiques, la liberté d’expression est menacée au Liban. »

© AILGBT (date de modification : 2003/02/21)